Mercredi soir. De jeunes activistes prennent d’assaut Gemmayzé. Ce sont les membres des clubs Rotaract de Sahel Metn, Beyrouth et Beyrouth Metropolitain (Organisation internationale sponsorisée par le Rotary International).
Leur objectif: Une campagne de sensibilisation intitulée «Ain’t No Smoking Tonight» (Pas de cigarette ce soir). Avec la collaboration de 35 pubs et restaurants, ces jeunes souhaitent permettre aux non-fumeurs de pouvoir profiter de la vie nocturne à Beyrouth, sans avoir à respirer la fumée nocive tant appréciée par d’autres.
Ce n’est pas la première fois que cet événement a lieu à Gemmayzé, rue dont les locaux sont largement fréquentés par la jeunesse branchée. Le 19 février 2009 a eu lieu la première édition de cette campagne. Seuls 25 pubs avaient accepté de participer. Malgré cet encouragement limité, l’impact de cette campagne a poussé quelques pubs de Gemmayzé à consacrer une nuit par semaine à des clients non-fumeurs.
Ce n’est pas la première fois que cet événement a lieu à Gemmayzé, rue dont les locaux sont largement fréquentés par la jeunesse branchée. Le 19 février 2009 a eu lieu la première édition de cette campagne. Seuls 25 pubs avaient accepté de participer. Malgré cet encouragement limité, l’impact de cette campagne a poussé quelques pubs de Gemmayzé à consacrer une nuit par semaine à des clients non-fumeurs.
"Cela ne nous dérange pas"
Vers 22h, Gemmayzé grouille de passants. Les organisateurs, en casquettes et T-shirts portant le logo du Rotaract, distribuent des prospectus et font signer une pétition contre le tabagisme, tout en répondant gracieusement aux questions des médias (chaînes de télévisions, radios, journaux), largement présents pour cet événement. Les jeunes, cigarette en main, sont debout devant le pub de leur choix. Ce n’est qu’une fois celle-ci éteinte, qu’ils pourront rejoindre leurs amis à l’intérieur. Les affiches parsemant les vitres des pubs concernés montrent une jeune femme à la porte d’un restaurant et qui dit, en arabe, à son ami: «Éteins-la et suis-moi!»
Des jeunes fumeurs font part de leurs impressions à AlBalad. «Nous soutenons totalement cette initiative», ont-ils assuré. «Cette campagne peut se répéter tous les jours, cela ne nous dérange pas outre mesure. Si l’on a envie d’une cigarette, il suffit de sortir».
Vers 22h, Gemmayzé grouille de passants. Les organisateurs, en casquettes et T-shirts portant le logo du Rotaract, distribuent des prospectus et font signer une pétition contre le tabagisme, tout en répondant gracieusement aux questions des médias (chaînes de télévisions, radios, journaux), largement présents pour cet événement. Les jeunes, cigarette en main, sont debout devant le pub de leur choix. Ce n’est qu’une fois celle-ci éteinte, qu’ils pourront rejoindre leurs amis à l’intérieur. Les affiches parsemant les vitres des pubs concernés montrent une jeune femme à la porte d’un restaurant et qui dit, en arabe, à son ami: «Éteins-la et suis-moi!»
Des jeunes fumeurs font part de leurs impressions à AlBalad. «Nous soutenons totalement cette initiative», ont-ils assuré. «Cette campagne peut se répéter tous les jours, cela ne nous dérange pas outre mesure. Si l’on a envie d’une cigarette, il suffit de sortir».
Tous les pubs ne sont pas honnêtes
«L’événement est vraiment un succès», se réjouit Joseph Azoury, membre du club Rotaract de Sahel Metn. «Pourtant, deux pubs ont brisé l’accord que nous avons signé avec eux. Nous avons des établissements qui participent pour la première fois; ils sont extrêmement satisfaits car les clients affluent et certains d’entre eux ont d’ores et déjà décidé de consacrer un jour par semaine aux non-fumeurs, dont Le Rouge, Kayan et Mue», affirme-t-il. «Beaucoup de gens ont profité de cette opportunité pour réserver dans des pubs et nous ont demandé de leur procurer une liste des pubs participants. Preuve que notre campagne a déjà un impact considérable sur la population». Joseph Azoury révèle également que plusieurs autres clubs Rotaract souhaitent organiser une telle campagne dans d’autres régions telles que Batroun et Tripoli.
Selim Mezher, président du Club Rotaract de Beyrouth, exprime son mécontentement face à l’attitude du propriétaire du pub «Spoon» qui s’est rétracté à la dernière minute. «Nous avons précédemment signé un accord avec lui et le papier était collé sur la devanture du pub. Malgré cela, nous avons vu les gens fumer à l’intérieur et lorsque nous sommes entrés pour lui poser la question, il a prétendu qu’il y avait eu un malentendu et qu’il n’était pas au courant de l’événement car le barman qui avait pris connaissance de l’affaire ne l’en avait pas informé! C'est évidemment une excuse, car nous avons confirmé par deux fois
notre accord».
À l’intérieur des autres 34 pubs, l’ambiance est festive. Les non-fumeurs s’en donnent à cœur joie, taquinant leurs amis fumeurs qui doivent sortir à chaque fois que l’envie leur prend d’allumer une cigarette. Roula Zeidane, une non-fumeuse endurcie laisse éclater sa joie: «Je déteste la cigarette et c’est la première fois que je me sens aussi bien à l’intérieur d’un pub. J’encourage fortement tous les établissements à interdire le tabagisme une fois ou plus par semaine afin de permettre aux gens comme nous de profiter de la vie nocturne et de s’amuser sans avoir à inhaler des tonnes de fumée».
«L’événement est vraiment un succès», se réjouit Joseph Azoury, membre du club Rotaract de Sahel Metn. «Pourtant, deux pubs ont brisé l’accord que nous avons signé avec eux. Nous avons des établissements qui participent pour la première fois; ils sont extrêmement satisfaits car les clients affluent et certains d’entre eux ont d’ores et déjà décidé de consacrer un jour par semaine aux non-fumeurs, dont Le Rouge, Kayan et Mue», affirme-t-il. «Beaucoup de gens ont profité de cette opportunité pour réserver dans des pubs et nous ont demandé de leur procurer une liste des pubs participants. Preuve que notre campagne a déjà un impact considérable sur la population». Joseph Azoury révèle également que plusieurs autres clubs Rotaract souhaitent organiser une telle campagne dans d’autres régions telles que Batroun et Tripoli.
Selim Mezher, président du Club Rotaract de Beyrouth, exprime son mécontentement face à l’attitude du propriétaire du pub «Spoon» qui s’est rétracté à la dernière minute. «Nous avons précédemment signé un accord avec lui et le papier était collé sur la devanture du pub. Malgré cela, nous avons vu les gens fumer à l’intérieur et lorsque nous sommes entrés pour lui poser la question, il a prétendu qu’il y avait eu un malentendu et qu’il n’était pas au courant de l’événement car le barman qui avait pris connaissance de l’affaire ne l’en avait pas informé! C'est évidemment une excuse, car nous avons confirmé par deux fois
notre accord».
À l’intérieur des autres 34 pubs, l’ambiance est festive. Les non-fumeurs s’en donnent à cœur joie, taquinant leurs amis fumeurs qui doivent sortir à chaque fois que l’envie leur prend d’allumer une cigarette. Roula Zeidane, une non-fumeuse endurcie laisse éclater sa joie: «Je déteste la cigarette et c’est la première fois que je me sens aussi bien à l’intérieur d’un pub. J’encourage fortement tous les établissements à interdire le tabagisme une fois ou plus par semaine afin de permettre aux gens comme nous de profiter de la vie nocturne et de s’amuser sans avoir à inhaler des tonnes de fumée».
L'avis d'un propriétaire
Le propriétaire du «Sea Blue», Chadi Najjar, ne cache sa satisfaction. «C’est la deuxième fois que je participe à cette campagne et j’encourage cette initiative car j’ai longtemps vécu à l’étranger. Aux États-Unis, par exemple, le tabagisme a été interdit dans les endroits publics, tels que les restaurants et autres. Le processus s’est implanté progressivement. Personnellement j’étais fumeur et ce système m’a poussé peu à peu à arrêter la cigarette sans efforts. J’encourage donc fortement l’application d’un tel processus au Liban», déclare-t-il. Pourtant M. Najjar avoue que, bien qu’il ait déjà consacré une nuit par semaine aux non-fumeurs, le nombre de clients n’a pas été encourageant. «Nous allons quand même réessayer», assure-t-il.
Le propriétaire du «Sea Blue», Chadi Najjar, ne cache sa satisfaction. «C’est la deuxième fois que je participe à cette campagne et j’encourage cette initiative car j’ai longtemps vécu à l’étranger. Aux États-Unis, par exemple, le tabagisme a été interdit dans les endroits publics, tels que les restaurants et autres. Le processus s’est implanté progressivement. Personnellement j’étais fumeur et ce système m’a poussé peu à peu à arrêter la cigarette sans efforts. J’encourage donc fortement l’application d’un tel processus au Liban», déclare-t-il. Pourtant M. Najjar avoue que, bien qu’il ait déjà consacré une nuit par semaine aux non-fumeurs, le nombre de clients n’a pas été encourageant. «Nous allons quand même réessayer», assure-t-il.
La décision politique
«La décision politique est extrêmement importante», signale Georges Assaf, membre du comité organisateur de l’événement au sein du club de Sahel Metn. «Nous souhaitons préciser que nous ne sommes pas contre les fumeurs, mais contre le tabagisme passif. Notre objectif est de sensibiliser les Libanais aux dangers du tabagisme et à l’importance d'y mettre un terme dans les lieux publics. Nous souhaitons donc, en cette occasion, demander au ministère de la Santé et à la Commission parlementaire de la santé publique de voter la loi contre le tabagisme dans les endroits publics au Liban (celle-ci traîne dans les tiroirs du Parlement depuis l’an 2006 ndlr), sachant que la fumée de cigarette, et toutes les matières nocives qu’elle contient, est l’une des causes principales des maladies cardiaques, de l’hypertension et du cancer des poumons».
«Quelques heures sans fumer n’ont jamais fait de mal à personne», assure Roy Haddad, l’un des jeunes gens peuplant les pubs. «C’est une cause juste, surtout que plusieurs de nos amis sont dérangés par la fumée».
«Ain’t no smoking tonight» semble avoir eu un impact sur l’esprit des jeunes, principale tranche de la population qui anime la vie nocturne libanaise. Les fumeurs ont largement fait part de leur soutien à cette initiative et de leur bonne volonté. Mais à quand une décision politique? Au sein d’une société où la cigarette et, surtout, le narguilé font partie intégrante de la culture, seule une loi formelle pourrait faire avancer les choses sur le long terme, afin que toutes les tranches de la société puissent enfin fréquenter leurs restaurants ou pubs préférés et que la fumée ne soit plus maîtresse des lieux.
«La décision politique est extrêmement importante», signale Georges Assaf, membre du comité organisateur de l’événement au sein du club de Sahel Metn. «Nous souhaitons préciser que nous ne sommes pas contre les fumeurs, mais contre le tabagisme passif. Notre objectif est de sensibiliser les Libanais aux dangers du tabagisme et à l’importance d'y mettre un terme dans les lieux publics. Nous souhaitons donc, en cette occasion, demander au ministère de la Santé et à la Commission parlementaire de la santé publique de voter la loi contre le tabagisme dans les endroits publics au Liban (celle-ci traîne dans les tiroirs du Parlement depuis l’an 2006 ndlr), sachant que la fumée de cigarette, et toutes les matières nocives qu’elle contient, est l’une des causes principales des maladies cardiaques, de l’hypertension et du cancer des poumons».
«Quelques heures sans fumer n’ont jamais fait de mal à personne», assure Roy Haddad, l’un des jeunes gens peuplant les pubs. «C’est une cause juste, surtout que plusieurs de nos amis sont dérangés par la fumée».
«Ain’t no smoking tonight» semble avoir eu un impact sur l’esprit des jeunes, principale tranche de la population qui anime la vie nocturne libanaise. Les fumeurs ont largement fait part de leur soutien à cette initiative et de leur bonne volonté. Mais à quand une décision politique? Au sein d’une société où la cigarette et, surtout, le narguilé font partie intégrante de la culture, seule une loi formelle pourrait faire avancer les choses sur le long terme, afin que toutes les tranches de la société puissent enfin fréquenter leurs restaurants ou pubs préférés et que la fumée ne soit plus maîtresse des lieux.





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