Friday, October 30, 2009

Fumez dehors!!

Mercredi soir. De jeunes activistes prennent d’assaut Gemmayzé. Ce sont les membres des clubs Rotaract de Sahel Metn, Beyrouth et Beyrouth Metropolitain (Organisation internationale sponsorisée par le Rotary International).
Leur objectif: Une campagne de sensibilisation intitulée «Ain’t No Smoking Tonight» (Pas de cigarette ce soir). Avec la collaboration de 35 pubs et restaurants, ces jeunes souhaitent permettre aux non-fumeurs de pouvoir profiter de la vie nocturne à Beyrouth, sans avoir à respirer la fumée nocive tant appréciée par d’autres.
Ce n’est pas la première fois que cet événement a lieu à Gemmayzé, rue dont les locaux sont largement fréquentés par la jeunesse branchée. Le 19 février 2009 a eu lieu la première édition de cette campagne. Seuls 25 pubs avaient accepté de participer. Malgré cet encouragement limité, l’impact de cette campagne a poussé quelques pubs de Gemmayzé à consacrer une nuit par semaine à des clients non-fumeurs.



"Cela ne nous dérange pas"
Vers 22h, Gemmayzé grouille de passants. Les organisateurs, en casquettes et T-shirts portant le logo du Rotaract, distribuent des prospectus et font signer une pétition contre le tabagisme, tout en répondant gracieusement aux questions des médias (chaînes de télévisions, radios, journaux), largement présents pour cet événement. Les jeunes, cigarette en main, sont debout devant le pub de leur choix. Ce n’est qu’une fois celle-ci éteinte, qu’ils pourront rejoindre leurs amis à l’intérieur. Les affiches parsemant les vitres des pubs concernés montrent une jeune femme à la porte d’un restaurant et qui dit, en arabe, à son ami: «Éteins-la et suis-moi!»
Des jeunes fumeurs font part de leurs impressions à AlBalad. «Nous soutenons totalement cette initiative», ont-ils assuré. «Cette campagne peut se répéter tous les jours, cela ne nous dérange pas outre mesure. Si l’on a envie d’une cigarette, il suffit de sortir».



Tous les pubs ne sont pas honnêtes
«L’événement est vraiment un succès», se réjouit Joseph Azoury, membre du club Rotaract de Sahel Metn. «Pourtant, deux pubs ont brisé l’accord que nous avons signé avec eux. Nous avons des établissements qui participent pour la première fois; ils sont extrêmement satisfaits car les clients affluent et certains d’entre eux ont d’ores et déjà décidé de consacrer un jour par semaine aux non-fumeurs, dont Le Rouge, Kayan et Mue», affirme-t-il. «Beaucoup de gens ont profité de cette opportunité pour réserver dans des pubs et nous ont demandé de leur procurer une liste des pubs participants. Preuve que notre campagne a déjà un impact considérable sur la population». Joseph Azoury révèle également que plusieurs autres clubs Rotaract souhaitent organiser une telle campagne dans d’autres régions telles que Batroun et Tripoli.
Selim Mezher, président du Club Rotaract de Beyrouth, exprime son mécontentement face à l’attitude du propriétaire du pub «Spoon» qui s’est rétracté à la dernière minute. «Nous avons précédemment signé un accord avec lui et le papier était collé sur la devanture du pub. Malgré cela, nous avons vu les gens fumer à l’intérieur et lorsque nous sommes entrés pour lui poser la question, il a prétendu qu’il y avait eu un malentendu et qu’il n’était pas au courant de l’événement car le barman qui avait pris connaissance de l’affaire ne l’en avait pas informé! C'est évidemment une excuse, car nous avons confirmé par deux fois
notre accord».
À l’intérieur des autres 34 pubs, l’ambiance est festive. Les non-fumeurs s’en donnent à cœur joie, taquinant leurs amis fumeurs qui doivent sortir à chaque fois que l’envie leur prend d’allumer une cigarette. Roula Zeidane, une non-fumeuse endurcie laisse éclater sa joie: «Je déteste la cigarette et c’est la première fois que je me sens aussi bien à l’intérieur d’un pub. J’encourage fortement tous les établissements à interdire le tabagisme une fois ou plus par semaine afin de permettre aux gens comme nous de profiter de la vie nocturne et de s’amuser sans avoir à inhaler des tonnes de fumée».



  
L'avis d'un propriétaire
Le propriétaire du «Sea Blue», Chadi Najjar, ne cache sa satisfaction. «C’est la deuxième fois que je participe à cette campagne et j’encourage cette initiative car j’ai longtemps vécu à l’étranger. Aux États-Unis, par exemple, le tabagisme a été interdit dans les endroits publics, tels que les restaurants et autres. Le processus s’est implanté progressivement. Personnellement j’étais fumeur et ce système m’a poussé peu à peu à arrêter la cigarette sans efforts. J’encourage donc fortement l’application d’un tel processus au Liban», déclare-t-il. Pourtant M. Najjar avoue que, bien qu’il ait déjà consacré une nuit par semaine aux non-fumeurs, le nombre de clients n’a pas été encourageant. «Nous allons quand même réessayer», assure-t-il.

La décision politique
«La décision politique est extrêmement importante», signale Georges Assaf, membre du comité organisateur de l’événement au sein du club de Sahel Metn. «Nous souhaitons préciser que nous ne sommes pas contre les fumeurs, mais contre le tabagisme passif. Notre objectif est de sensibiliser les Libanais aux dangers du tabagisme et à l’importance d'y mettre un terme dans les lieux publics. Nous souhaitons donc, en cette occasion, demander au ministère de la Santé et à la Commission parlementaire de la santé publique de voter la loi contre le tabagisme dans les endroits publics au Liban (celle-ci traîne dans les tiroirs du Parlement depuis l’an 2006 ndlr), sachant que la fumée de cigarette, et toutes les matières nocives qu’elle contient, est l’une des causes principales des maladies cardiaques, de l’hypertension et du cancer des poumons».
«Quelques heures sans fumer n’ont jamais fait de mal à personne», assure Roy Haddad, l’un des jeunes gens peuplant les pubs. «C’est une cause juste, surtout que plusieurs de nos amis sont dérangés par la fumée».
«Ain’t no smoking tonight» semble avoir eu un impact sur l’esprit des jeunes, principale tranche de la population qui anime la vie nocturne libanaise. Les fumeurs ont largement fait part de leur soutien à cette initiative et de leur bonne volonté. Mais à quand une décision politique? Au sein d’une société où la cigarette et, surtout, le narguilé font partie intégrante de la culture, seule une loi formelle pourrait faire avancer les choses sur le long terme, afin que toutes les tranches de la société puissent enfin fréquenter leurs restaurants ou pubs préférés et que la fumée ne soit plus maîtresse des lieux.

Thursday, October 15, 2009

Coups de gueule, coups de coeur... un moyen sympa de se défouler....

La dette conjuguée…  

Tout aussi flexible dans le temps et même intemporelle, la dette est un joyeux compagnon de route. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle se conjugue à tous les temps. Caractéristique verbale, direz-vous ?! Non. Directement ou indirectement provoquée, elle n’hésite pas à saper aussi bien les fonds que le moral.
Néanmoins, personne ne peut dire que ce parasite est ennuyant. Avec ou sans intérêts (variables), échelonnée à votre gré ou à celui du «sapeur de fonds», payable en une ou plusieurs devises, la dette se déguste à toutes les sauces.
Aussi machiavélique que Niccolò Machiavelli et l’intégralité du spectre politique international, la dette se joue aussi bien de votre porte-monnaie que de vos sentiments. Le labeur n’a aucune valeur pour elle. Que vous vous soyez éreinté pendant un mois ou un an lui importe peu; l’argent si durement gagné disparaitra aussitôt obtenu. Mais le plus intéressant est, sans nul doute, sa capacité de «reproduction» et de multiplication. S’endetter pour couvrir d’autres dettes est un phénomène des plus communs, particulièrement au Liban; un cercle vicieux dont un grand nombre de personnes se tirent difficilement.
Et après?! En toute bonne foi, ceux qui pensent pouvoir échapper à la dette se leurrent et vivent dans le déni. Etre sain, ne pas boire, ne pas se droguer ou ne pas être un joueur invétéré, ne suffisent pas, réalité oblige. À moins d’être riche comme Crésus, de vivre parmi les Amish ou de fonctionner par troc, l’échelonnement des divers paiements mensuels (voiture, maison, appareils électroménagers, etc) est inévitable…

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Défilé de…? 

Ils défilent et ils défilent. Est-ce un défilé de mode? Non. Un défilé de clowns au cirque? Non. Un défilé de gendarmes lors d’une parade? NON. Ce sont tous simplement nos chers députés qui défilent, l’un après l’autre, pour prononcer leurs discours qui viseront à octroyer la confiance au nouveau gouvernement. Certains sont intéressants et traitent de sujets nouveaux – en particulier de questions sociales –, alors que d’autres rabâchent les mêmes propos avec lesquels ils ne cessent de nous rabattre les oreilles depuis des années. Tellement ennuyeux que plusieurs de leurs collègues cachent mal leur accablement, affichant un air morose, ou conversant tout simplement avec d’autres députés.
D’un autre côté, personne ne peut nier l’aspect hilarant que prennent les séances du Parlement, avec comme acteur principal, son Altesse sérénissime, le Président de la Chambre, Nabih Berri. Bien connu pour ses multiples titres, M. Berri a également acquis, ces dernières années, une réputation de professeur (il est, d’ailleurs, surnommé populairement «Istiz») et de policier accompli. La chambre des Représentants prenant des airs de salle de classe, le Istiz se voit bien forcé de recourir à la baguette. Cet état des lieux n’est pas à prendre à la légère par ceux qui ne suivent jamais les séances parlementaires. Je peux vous assurer, pas plus tard que mercredi dernier, avoir entendu un député demander «la permission » de sortir fumer une cigarette alors qu’un autre se voyait carrément fermer le clapet par son Éminence! 

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Temps de chien et inondations! 

Il ne fait pas bon vivre à Beyrouth, en hiver. Avec un système d’égouts archaïque, la capitale se retrouve inondée à chaque pluie, les embouteillages empirent, obligeant tout le monde à se réveiller une heure en avance le matin, les malchanceux sans voiture se font souvent asperger dans la rue, l’irritation est à son comble. Bref, personne n’est content.
Jeudi matin, il pleut des cordes. Je hèle un taxi dans la rue, m’y introduis et lui indique l’adresse. Quelques minutes plus tard, tout occupée que je suis à répondre à un sms, je ne remarque pas un van qui s’approche dangereusement de nous, à une vitesse plutôt excessive étant donné la hauteur de l’eau boueuse recouvrant le bitume.
Soudain, splach!! Un jet d’eau sale asperge l’intérieur du taxi et moi avec!! Le chauffeur avait, en effet, un peu baissé la vitre de la porte avant. Adieu propreté, maquillage et brushing nouvellement fait! Totalement ahurie, il m’a fallut 10 bonnes secondes pour réagir. Quant au chauffeur, il a accéléré pour suivre le van dont le conducteur n’a pas échappé à 2 ou 3 jurons bien sentis! Mais à qui la faute?! Au chauffeur de taxi coupable d’avoir baissé la vitre? Au conducteur du van trop pressé? Ou à l’état lamentable des routes et des systèmes d’égouts? En ce qui me concerne, tout le monde est fautif. Gouvernement laxiste et citoyens manfichistes font un couple bien assorti à Beyrouth, en hiver. 

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Stress et hystérie  
Le travail, une nécessité quotidienne, aussi bien pour le commun du peuple que pour les grands de ce monde désireux de préserver leur position. Avec l’emploi, s’impose la fatigue, mais également une seconde constante, plutôt moderne: le stresse. Les conséquences de celui-ci ne sont pas à prendre à la légère. Ce n’est pas inutilement que les tentatives de suicide de certains employés de France Telecom ont occupé la presse française et internationale. Dans leur désir d’escalader l’échelle professionnelle, certains salariés relèguent aux oubliettes ce qu’ils ont de plus important: leur santé. Qu’elle soit mentale ou physique, celle-ci flanche face au surmenage qu’ils s’imposent, aux conditions de travail et/ou aux pressions infligées par leurs supérieurs. Crise d’hystérie par-ci, évanouissements par-là, ces incidents ne sont pas sans perturber l’atmosphère générale qui s’en retrouve tendue et, inévitablement, déculpe… le stresse. C’est un cercle vicieux qu’ignorent royalement les « patrons » libanais, tous occupés qu’ils sont à élargir leurs sociétés et à augmenter leurs profits au détriment de ceux qui, au bas de la «chaine alimentaire», se font piétiner santé, dignité et, enfin de compte (si possible), indemnisation. Pression au bureau, salaire insuffisant, supérieurs exigeants ou eux-mêmes hystériques, harassement moral ou sexuel et impatience… le salarié libanais n’en a pas fini de souffrir, surtout en l’absence de lois protégeant ses droits. Ici, la justice est du côté des patrons. Quoi qu’il en coûte, le stresse sera toujours au rendez-vous et, avec lui, un sentiment d’impuissance imposé par une situation financière décourageante.
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Aveugles et amnésiques    
Aveugles, nous le sommes. Pleins de ressentiment aussi, mais surtout amnésiques. Nos responsables se battent? Nous nous battons aussi. Ils se tendent la main, nous le faisons aussi. Tels des pions sur une grille d’échec, ils se jouent de nos destinées, nous «bougent» comme bon leur semble et la majorité d’entre nous se laisse faire.
Que devons nous penser lorsque des ennemis publics se retrouvent ostensiblement autour d’un verre, à «plaisanter» sur leurs conflits passés et présents, dans un irrespect total des âmes des martyrs qui sont tombés pour eux? Que sommes-nous dans le cadre des donnes politiques en évolution constante? Des outils, esclaves de nos convictions politiques et religieuses ; esclaves aveuglés par le rayonnement polluant de nos leaders qui, au fond, ne pensent qu’à eux-mêmes et, la plupart du temps, ne sont même pas conscients que nous existons. Que font-ils pour nous? Pourquoi devons-nous nous entretuer pour eux?! Serons-nous infiniment de la chair à canons, destinés à concrétiser leurs humeurs changeantes et leurs conflits d’intérêts au sein de l’opinion publique et sur le champ de bataille?! Réveillons-nous que diable! Le Liban n’est plus le pays des Cèdres, mais un zoo peuplé d’animaux en cage bien dressés qui obéissent aveuglement ou consciemment à leurs gardiens tout puissants… Espérons qu’eux aussi, dans un moment d’amnésie, oublient de fermer la cage aux lions. Ceux-ci ne manqueront pas de leur faire sentir la vraie valeur de leurs petites personnes. 

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Exception, ils le sont! 
Le métier de journaliste n’est pas limité dans le temps. Il a peut être un début, mais pas de fin. Les événements et nouvelles ne sont pas programmés en fonction du bon vouloir des journalistes. C’est au contraire, eux, qui doivent les attendre. Cela signifie de nombreuses heures supplémentaires, à travailler sans relâche, afin de produire un journal de qualité, contenant toutes les informations susceptibles d’attirer un lectorat donné. Un journaliste-reporter n’est pas un journaliste de magasines, ni un comptable, ni un employé des ressources humaines, ni un secrétaire. Le travail de ceux-ci est, en revanche, limité au quotidien. Un journaliste ne peut être sanctionné (sur le produit de son labeur, durement gagné) pour un retard d’une demi-heure ou même d’une heure, alors qu’en contrepartie, ses heures supplémentaires sont innombrables. Un journal dont les journalistes se conformeraient rigoureusement à un horaire particulier, ferait faillite en un temps record. Un journaliste travaille rarement moins, mais toujours plus, surtout lorsque les effectifs sont inférieurs à la moyenne.
Pour travailler, un journaliste a besoin de ressources: une certaine marge de liberté, moins de conditions et surtout, l’assurance que son revenu ne sera en danger que dans des cas très particuliers et extrêmes. Conclusion: journalisme et bureaucratie ne vont pas de pair; exception, ils le sont! 

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Le Liban est vivant!  
Beyrouth, Jounieh, Tripoli, Saïda, Zahlé, de jour et de nuit. Je ne cesse de m’émerveiller face à l’énergie des Libanais, une énergie présente à toute épreuve. Alors que les politiciens jouent à «je t’aime, moi non plus» et qu’Israël et ses acolytes invisibles nous cherchent des noises, le peuple, lui, semble être intouchable. Son intérêt quotidien pour la politique tient plus du divertissement que d’un véritable malaise face à l’absence d’un nouveau gouvernement, aux allées et venues infructueuses de plusieurs politiciens et aux chicanes israéliennes auxquelles tout le monde est plus au moins habitué.
De toute manière, nos politiques sont bien plus critiqués qu’admirés. Les optimistes sont accusés de crédulité, alors que les zélés reçoivent à la figure des expressions du genre: «Bouche de miel, cœur de fiel». Et les citoyens? Restaurant, pubs et boîtes de nuit ne désemplissent pas. La saison estivale s’est avérée être l’une des plus réussies depuis l’avant-guerre civile. Des statistiques ont même prouvé que le Liban était l’un des rares pays n’ayant été que très peu touché par la crise financière internationale. Le Liban est vivant! Bien vivant malgré tous ses problèmes quotidiens, sa dette publique exorbitante, ses politiques égoïstes, ses voisins criminellement envieux et les tentatives séculaires visant à le faire couler. Mais de quoi le peuple libanais tire-t-il son courage? Un amour inconditionné de la vie, doublé d’une volonté de fer. Ce n’est pas pour rien que Beyrouth a été détruite et reconstruite sept fois au cours des siècles... Le Phœnix renaîtra toujours de ses cendres. 

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Je suis insatisfait… donc je râle!
Les Libanais sont des râleurs. La maison, les voisins, la société, le travail, le patron, les collègues, la voiture, la femme, le mari, la belle-mère, la météo, la religion, la politique, le salaire; tout est bon pour soulever des objections et étaler son mécontentement à longueur de journée.
Il est vrai que l’être humain est éternellement insatisfait; plus il obtient, plus il en veut. Mais cela se fait particulièrement sentir dans notre petit pays où les conditions de vie et de travail ne sont pas clémentes envers tout le monde. Il existe deux types de râleurs: ceux qui expriment leur frustration et leur gêne ouvertement et ceux qui, soucieux de préserver les apparences, réservent exclusivement leurs récriminations aux personnes qui partagent leurs ressentiments. Cette seconde catégorie se trouve surtout au travail où employés et patrons, employés et employés, patrons et patrons se chicanent rarement en public, mais délient bien volontiers leurs mauvaises langues en privé. Heureux sont les réalistes qui, nouvellement employés, ne se font d’illusion sur personne et, surtout, ne bâtissent pas de faux espoirs amicaux… la déception est vite au rendez-vous. Jalousie, mauvaises intentions, querelles personnelles, injustice… des sentiments particulièrement noirs. D’où l’insatisfaction et la soif intense d’en parler… en râlant.
Quant au premier type de râleurs, il sévit dans certains cadres, tels que la politique et la société. Il n’y a pas meilleur que les Libanais pour insulter leurs responsables en public. Il n’y a pas meilleur que les Libanaises pour accuser la société patriarcale de tous leurs maux. La satisfaction est un sentiment étranger au genre humain. Même les plus béatement contents ont de quoi se récriminer. Les plus pieux tentent de diminuer leur inconfort en remerciant Dieu nuit et jour pour ce qu’ils ont et en se comparant constamment aux moins fortunés qu’eux. «La vie oscille, telle un pendule, entre la souffrance et l’ennui», Schopenhauer l’a si bien dit. Dans les deux cas, nos râlements seront toujours au rendez-vous. 

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Les politiques et nous 
La route du musée, jeudi 15 octobre, midi. Un embouteillage indescriptible et inhabituel envahit l’autoroute. Encore plus singulier, une propagation massive des forces armées, notamment, les Forces de sécurité intérieure, l’armée et toutes les unités «spéciales» de celle-ci. Tous les véhicules assez malheureux pour s’être trouvés au mauvais endroit et au mauvais moment savent d’avance à quoi s’en tenir. Bloqués durant une demi-heure sur l’autoroute, ils attendaient l’arrivée imminente du président de la République, Michel Sleimane, accompagné de plusieurs ministres et/ou députés. La raison : la «rentrée» judiciaire! Nos chers juges, avocats et même tribunaux reprennent leurs fonctions après un mois de vacances! Et nos politiques, bien sûr, se doivent d’être présents à cet événement annuel. Ils arrivent donc, flanqués de leurs innombrables gardes du corps et suivis, chacun, d’un convoi interminable! Entre temps, dans la rue, personne ne bouge, personne ne respire. Tous les véhicules sont immobilisés et les pauvres citoyens, cherchant désespérément un taxi des yeux, attendent le bon vouloir de ces messieurs en uniforme pour poursuivre normalement leurs activités quotidiennes.
Quel est donc ce pays où toutes les routes et les activités doivent être paralysées au passage du moindre responsable politique?! Mais, pour qui se prennent-ils? Ne sont-ils pas «employés», comme nous, au service de ce pays?! Allez voire comment les ministres et les députés se déplacent en Europe! À BICYCLETTE! Ces hommes d’état qui devraient être les premiers gardiens de la Loi et de l’ordre dans tout pays devraient être les premiers à donner le bon exemple à tous les citoyens! Et non pas déranger la circulation routière à chaque fois qu’ils doivent se déplacer! Il n’est pas étonnant qu’ils s’arrachent les places au parlement et au gouvernement… au Liban, politique est synonyme de «divin»… 
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Harcelée dans la rue!
Il est 20h. Elle marche dans la rue, puis s’arrête. Elle attend un taxi pour aller rejoindre ses amis dans un de leurs restaurants préférés, non loin de là. Par taxi, on entend évidemment l’un des fameux «services» qui sillonnent les rues du Liban. Elle attend toujours. Soudain, une BMW aux vitres fumées fait halte. La fenêtre s’ouvre. Un homme d’une trentaine d’année lui lance, brutalement : «Combien?!». Trop choquée pour riposter, elle s’éloigne d’un pas précipité. «Vaut mieux marcher. Après tout, ce n’est pas si loin que ça », se dit-elle. Optant pour la prudence, elle emprunte un chemin éclairé, peuplé de passants. Rassurée par son habillement décent, elle avance d’un pas sûr. Tout à coup, un jeune homme, la déshabillant du regard, lui chuchote une grossièreté au passage. Toujours décidée à ne pas faire de scandale dans la rue, elle presse le pas, ignorant les regards effrontés. Elle se sait jolie… mais cela justifie-t-il tant d’insolence?! Le vrombissement d’un moteur se fait entendre. Regardant droit devant, elle se sent pourtant suivie. «Eh, mignonne ! Je te conduis quelque part?», entend-elle, soudainement. «Décidemment, on ne va pas me laisser tranquille». Elle soupire et poursuit son chemin, sachant pertinemment que le véhicule ne la quitte pas d’une semelle. Au bout d’un moment, après maints essais, l’impertinent appuie sur l’accélérateur et s’éloigne, lassé de n’avoir pas reçu l’attention souhaitée… Elle arrive finalement au restaurant. Heureuse d’être indemne, malgré le harcèlement dont elle avait été victime, elle salut ses amies et décide de tout oublier… au moins pour ce soir.
Fiction? Non. C’est tout simplement le quotidien de toute libanaise ne possédant pas de voiture. 
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Les chantiers du malheur!
A Beyrouth, les bruits sont rois. Vrombissements de moteurs, cris de passants, de conducteurs furieux, de marchands ambulants, klaxons en tous genres et… chantiers en action !
Quel beyrouthin n’a pas, au cours de sa vie, eu l’insigne honneur d’être le voisin d’un de ces fameux chantier ?! Nous les connaissons tous. Un jour, ils débarquent de nulle part pour élire domicile dans votre quartier ; le lendemain, une nouvelle atmosphère auréole le voisinage… une atmosphère de poussière et de vacarme, oui ! C’est ainsi que le libanais, quelle que soit sa condition, fait connaissance avec ses machines de voisines. Une expérience enrichissante, certes, au cours de laquelle s’introduit, pour certains, tout un nouveau vocabulaire: tracteurs, pelles hydrauliques, marteaux hydrauliques, chariots, chargeuses… alors que pour d’autres, «BobCat» résume à lui tout seul «l’arsenal» en question et … tout ce qu’il implique. Justement, il n’y a pas meilleurs voisines. Que ce soit au réveil ou au retour du travail, elles ne manquent pas de vous saluer de leurs vrombissements assourdissants… tant et tellement que leurs voisins, excédés par tant de gentillesse, se barricadent chez eux ou font leurs bagages et quittent pour leur autre demeure en montagne. Mais ce n’est pas tout. Non content de meubler nos journées de poussière et de brouhaha, le chantier agrémente parfois nos soirées, contre tout bon sens, évidemment. D’aucuns, vite achevés, plient bagages et quittent le quartier, au vif soulagement des habitants; tandis que d’autres, bien décidés à résider pendant plusieurs années, imposent franchement leur tintamarre, que cela plaise ou pas au voisinage. La solution ? Eh bien, à défaut de pouvoir les chasser ou de s’en aller soi-même, autant s’équiper de boules quiès blindées et de beaucoup, beaucoup de patience…
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Salariés sans salaire!!
Chaque 25 du mois, on commence à ronger son frein. Le salaire du mois d’avant est en passe d’expirer. Bon, serrons la ceinture en attendant le 1er ou le 2 (bien sûr, pas question d’être payés le 30, ce serait un miracle!). C’est parti pour une semaine de galère durant laquelle on refuse bon nombre de sorties avec les amis, par manque de fonds, et on cesse d’appeler qui que ce soit de notre portable, préférant les «missed call» (appels en absence!) ou autres messages, afin de ne pas avoir à acheter, de sitôt, une autre carte de recharge. Les jours passent, la remise du salaire approche et on commence à faire des plans. Même que cette période du mois se caractérise par une expression quasiment répétée par tous ceux qui travaillent dur pour gagner leur vie : «lorsque je toucherais mon salaire…». À noter que cette phrase est toujours au futur et, implicitement, au conditionnel (SI je touche mon salaire le …., on ira…, on achètera…). Le 1er passe, puis le 2. Toujours rien. Le compte en banque est inexorablement vide. L’impatience se fait sentir au travail, les allées et venues se succèdent au bureau du directeur. Le lendemain, le verdict tombe comme un couperet: pas de salaire avant le 10!! Les uns se contentent de sourire ironiquement, les autres palissent, rougissent de colère ou protestent à haute voix. La direction, bien sûr, n’en a cure. Elle a autre chose à faire avec son précieux capital. Bien peu lui importe que ses employés aient des factures à payer, des souches ou même des dettes à couvrir! Les mécontents peuvent présenter leur démission, ils seront vite remplacés. Evidemment, personne ne le fera, ou alors rarement. «Ils» le savent et exploiteront jusqu’au bout cette faiblesse.
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La débrouille des services...
Le billet d’aujourd’hui s’adresse à toutes les jeunes femmes qui n’ont pas de voiture. Bien obligées d’aller au travail et/ou à l’université tous les jours, elles descendent dans la rue pour prendre un taxi ou ce que tout libanais appelle un «service». Les habituées connaissent bien les règles : il faut choisir l’emplacement idéal, le moment approprié, savoir comment s’habiller, monter devant ou derrière en fonction de l’aspect du chauffeur et/ou de l’état du véhicule, proposer telle ou telle somme selon la distance à parcourir, etc. Bref, toute une panoplie de contraintes, certes pratiques, mais embêtantes au possible, surtout qu’elles ne suffisent pas toujours pour arriver (de bonne humeur) à bon port.
Parfois, être décente ne sert pas à grand-chose si l’on tombe sur un «pervers». En voiture, il vous déshabille du regard, vous complimente directement ou indirectement et profite pour vous relater ses aventures amoureuses (au Liban ou à l’étranger), pimentées de remarques salaces! Généralement, il suffit de ne pas lui montrer de l’intérêt et tout ira bien. Voilà pourquoi, il est conseillé de ne jamais s’assoir devant dans un service vide… c’est n’est pas prudent.
Autre grand problème : les tours et détours. Quand on monte dans un véhicule transportant deux à trois personnes, on n’est jamais sûr d’arriver en un minimum de temps. Trois scenarios s’imposent : soit on atteint directement sa destination, sachant que les autres passagers suivent le même trajet, soit le chauffeur nous prévient en cours de route qu’il doit faire un détour et nous demande si cela nous arrange, soit ce monsieur ne dit rien et emprunte un très, très, très long chemin. Dans cette dernière situation, la beaucoup de jeunes femmes préfèrent s’armer de patience plutôt que de descendre, pour prendre un autre service qui emprunterait la route souhaitée, surtout s’il fait mauvais temps.
Inutile de mentionner que de pomponnée, coiffée et parfumée, il nous arrive, oh tant de fois, d’arriver en sueur et échevelée, particulièrement lorsque toutes les fenêtres sont ouvertes et que certaines sont impossibles à fermer, vue la condition de délabrement de plusieurs services datant des années 1970.
En fin de compte, tout est une question d’habitude… les mécontentes devront encore ronger leur frein…

Il n'y a qu'un libanais pour écrire ça!!!


Wednesday, August 19, 2009

Beirut Nightlife - Rooftops

Sésame ouvre-toi !

Par Myriam Najm

« La liste d’attente est longue… », Que de fois les noctambules ont-ils entendu cette phrase en essayant pathétiquement – il faut l’avouer – de réserver, en cette saison estivale, une table aux boites parmi les plus en vues de la capitale : Le Skybar ou le White bar.

Certains se lassent et n’appellent plus, d’autres enragent et placent leurs noms sur la fameuse liste, espérant que la chance leur sourira et qu’ils pourront pénétrer ces lieux si convoités dans un ou deux mois… peut-être. Ceci étant, Albalad a quand même tenté de faire l’expérience : après deux (très) rapide coups de fil, nous avons confirmé la rumeur générale, la fameuse liste d’attente est, en effet, quasi-interminable. Le Skybar est (accrochez-vous) complet jusqu'à la mi-septembre et le White bar, jusqu'à la fin août. Sept jours sur sept ! C’est à peine si les opératrices nous ont concédé une place à diner en cours de semaine, et encore, « il faut quitter tout au plus à dix heures trente », ont-elles ajouté, cérémonieusement.

Apparence et profit

La raison, demandez- vous ? Eh bien, nous parlons ici des deux boites de nuit les plus huppées de Beyrouth et d’une saison estivale durant laquelle les touristes affluent, en particulier les libanais travaillant à l’étranger et les Emiratis, Saoudiens, Qataris et autres arabes venus «faire la fête» dans notre petit pays.

Mais ce n’est pas tout, les «rooftops» huppés sont synonyme de critères et de «filtrage». Nous avons constaté que cela s’applique bien plus au Skybar, majestueusement perché tout au haut d’un des immeubles du Biel et surplombant la mer. Le patron, Chafic Al Khazen, n’étant pas rejoingnable, nous avons quand même eu la chance d’interviewer une personne très bien informée sur les affaires du Skybar, qui a préférée rester incognito et que nous appellerons M. X. «Tout d’abord, avant de parler de sélection, il faut savoir qu’aux côtés de M. El Khazen, le Skybar est géré par une vingtaine d’associés dont chacun «possède» une table réservée en permanence, donc non disponible aux clients; voilà une des raisons principales qui contribuent à allonger la liste d’attente», a indiqué M.X.

«Ensuite, concernant les clients, le “screening” se fait, tout d’abord, au téléphone par les opératrices. Toute personne s’exprimant en arabe «très populaire», sans le moindre accent étranger, n’obtiendra jamais une réservation, serait-ce pour le 31 février! Le client en ligne doit être très respectueux, s’exprimer en français ou en anglais impeccable, ou alors affecter cet accent libanais très «francisé ou anglicisé» propre aux membres de la haute société. Mais, surtout, il faut montrer implicitement qu’on est prêt à débourser, quelle que soit la somme», poursuit notre source.

Ce premier critère ne s’applique pas au White bar. Interrogé, le propriétaire, Tony Haber a affirmé que ses opératrices ne rejetteraient jamais qui ce soit à cause de sa manière de s’exprimer. «La discrimination sociale est interdite ici», nous a-t-il assurés.

Second critère de sélection? L’apparence physique à l’entrée. L’entrée du Skybar est l’accès est strictement contrôlée par des services de sécurité dignes de ceux de l’Ambassade américaine. Les videurs y sont tout puissants. Ils vous évaluent en un coup d’œil et décident si vouz entrez ou pas. «En l’absence d’une réservation, votre soirée risque de tomber à l’eau», a indiqué M.X, non sans un sourire.

« Nous avons tenté d’entrer un soir au Skybar sans réservation. En principe, c’était mission impossible. Mais il a suffit qu’un ami glisse discrètement un billet de 100$ dans la main du videur, et le tour était joué ! », nous avoue une noctambule. Le critère de l’apparence physique s’applique aussi au White bar. La sélection à l’entrée y est très stricte, même pour les personnes ayant réservé. «Personne ne dira jamais que le White est fréquenté par des adolescents ou des malappris», a indiqué Tony Haber. En effet, l’accès y est interdit aux personnes « ayant l’air » d’avoir moins de 23 ans.

Les scandales? Jamais!

Quelle discrimination! Me direz-vous. «Le propriétaire de la boite souhaite cibler les clients raffinés, la jet-set libanaise, ceux qui sont capables de payer, sans broncher, une facture de 5000 dollars en fin de soirée. La classe moyenne ne l’intéresse pas. C’est tout un business, l’apparence et le profit d’abord. Le «boss» du Sky est très imprévisible ; parfois il offre du champagne gratuit à toutes les tables afin d’attirer de plus en plus de clients», nous a expliqué M. X. Le White, lui, est un peu plus accessible à la classe moyenne en question. Une soirée en weekend coûtera en moyenne 70 à 80 dollars par personne.

«En même temps, M. El Khazen souhaite que sa boite demeure «libanaise», peu de clients sont arabes, ou alors des princes de haut rang uniquement. Il n’y a jamais eu de scandales au Skybar, à ce que je sache, et l’achat de tables n’est pas permis», a-t-il affirmé, en référence aux frasques commises par les émiratis et saoudiens en vacance au Liban. Idem pour le White bar, «Tout le monde a sa chance de veiller, nous ne vendons jamais de tables. Ma boite est irréprochable. Le Liban est si petit, en cas de scandales, je vous assure que le nom de mon bar aurait été terni depuis longtemps», a affirmé M. Haber. Terni? jamais! Le nom de votre boite est toujours aussi «white», M. Haber!

Conclusion? Plus votre boite est selecte, chère et suscite les ragots, plus votre liste d’attente … s’allongera!